Leïla Kaddour-Boudadi : « Présenter un journal d’informations sur Arte, ça ne se refuse pas ! »

Leïla Sous-brigadier - crédit photo : © Jean-Philippe Balte
Leïla Sous-brigadier – crédit photo : © Jean-Philippe Balte

Leïla Kaddour-Boudadi arrive aux manettes d’Arte Journal, nouvelle formule, samedi 7 janvier à 19h45 sur Arte. Après France3, puis i>TÉLÉ, la journaliste se lance dans une nouvelle aventure placée sous le signe de l’actualité internationale. Enseignante en lettres avant d’être journaliste, Leïla nous éclaire aussi sur son parcours. Rencontre.

Leïla, afin de faire votre connaissance, quel a été votre parcours, votre formation ?

Ma formation est assez classique et à première vue assez éloignée du journalisme. J’ai fait des études de lettres classiques. Un passionnant mélange de littérature française et surtout de latin ainsi que de grec ancien. J’ai d’ailleurs choisi cette dernière discipline pour mon année de maîtrise. J’ai travaillé sur la notion de monstrueux dans la littérature grecque d’Homère au Ve siècle. Une étude de pur plaisir qui ne se limite pas au bestiaire de la mythologie mais aussi aux femmes, perçues pour bien des raisons comme monstrueuses dans la pensée collective de l’époque. Et tout naturellement, j’ai passé le Capes et j’ai commencé à enseigner en lycée, en collège tout en étant chargée de cours à l’Université de Poitiers.

Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir journaliste ?

Le journalisme, c’était mes premières amours de fac. Un projet que je n’ai pas souhaité vraiment concrétiser car pour moi il était important de devenir enseignante afin de transmettre à mon tour tout ce que j’ai eu la chance d’apprendre à l’école. Et à la maison, il n’y a qu’une seule divinité : le dieu École ! Je pense que c’était aussi une façon de remercier mes parents qui ne sont pas du tout enseignants mais qui ont toujours veillé à ce que l’école soit un terrain de réussite. Et puis, j’avais aussi dans l’idée qu’à 18 ans, je n’étais pas assez mûre, assez cultivée, je n’avais pas assez de recul pour devenir la journaliste que je souhaitais.

Quand et comment avez-vous fait vos premiers pas dans le journalisme ?

Avant d’entrer en école de journalisme, j’ai profité de mes vacances scolaires pour faire des stages dans des rédactions, autant en radio, qu’en presse écrite qu’en télé. Une façon pour moi de préparer mon choix. J’ai eu l’occasion dans ces trois médias de me faire une première expérience, mais la première véritable c’était à Afrik.com. Afrik.com c’est une seconde maison pour moi, j’y ai beaucoup appris. Le démarrage s’est fait assez naturellement. Il fallait proposer tous les matins au rédacteur en chef des idées de papier et ensuite on se mettait au boulot et il ne fallait pas traîner ! Une bonne école !

Vous avez travaillé sur le web et en presse écrite avant de rejoindre le petit écran. Comment avez-vous appréhendé ce passage à l’antenne ?

Je n’ai pas vraiment eu le temps de l’appréhender ! En réalité, je ne me suis jamais dit « je vais faire de la télé ». Tout simplement parce que ça ne veut rien dire « faire de la télé ». Je ne me suis jamais imaginée devant la caméra, je voulais plutôt être derrière, faire du documentaire. Juste avant de faire mes premiers pas en télé, je travaillais à Afrik.com, un site d’informations en ligne panafricaines. Mon premier métier explique mon rapport privilégié avec l’écrit et mes origines, à l’Afrique !

Afrik.com, France 3, i>TÉLÉ… Que retenez-vous de ces diverses expériences médias ?

J’en retiens que journaliste aujourd’hui, c’est être capable de s’exprimer avec la même aisance sur de mutliples supports. Et si ces expériences semblent assez différentes, au fond, elles te donnent des heures de vol et c’est de cela dont on a besoin quand on commence, gagner en assurance !

« Je suis convaincue que la vision franco-allemande de l’actualité est une richesse »

Après Paris Première, France3 et i>TELE, on vous retrouve en janvier sur… Arte. Comme ils disent par là-bas « Warum » ? Qu’est-ce qui vous a motivé à rejoindre la chaine franco-allemande ?

Warum ! je vois que vous êtes bilingue ! Présenter un journal d’informations sur Arte, ça ne se refuse pas ! Ce n’est pas seulement incarner un rendez-vous, c’est aussi être le passeur du travail de toute une rédaction franco-allemande. C’est un regard différent sur l’actualité et surtout sur le monde. Je n’ai pas peur de dire que c’est le journal qui traite vraiment l’international, qui le décrypte pour que l’information soit intelligente et intelligible. Et puis, je vous avoue que le soir chez mes parents, c’est Arte qu’on regarde ! Là encore, je sais que je leur fais plaisir ! Et c’est fondamental pour moi.

V ous allez présenter Arte Journal… en frontal avec le 19:45 de M6 qui fait un carton. Installer ce journal risque d’être un sacré challenge ?

Le JT de M6 remporte un franc-succès, c’est vrai, et je m’en réjouis pour cette rédaction. Arte Journal n’a pas la même ligne éditoriale, encore une fois, l’actualité est une matière vaste et Arte Journal c’est un regard spécifique sur elle. Réduire l’actualité à ce qu’il se passe sur le territoire n’est pas à mon sens la meilleure manière d’envisager le monde. Pour bien saisir le pourquoi de telle ou telle réaction de dirigeants politiques, il est fondamental de bien contextualiser et si on ne sait pas ce qui questionne dans le monde, l’information reste parcellaire. Le pari n’est pas le même mais je suis convaincue que la vision franco-allemande de l’actualité est une richesse et surtout en ces périodes où l’Europe est au cœur de l’information.

Quels sont vos objectifs avec Arte / Arte Journal ?

Le premier et le seul pour moi aujourd’hui c’est de mener à bien ce rendez-vous important. Proposer encore et encore un décryptage de qualité et ça, c’est le travail de toute une équipe, celle que vous ne voyez pas sur vos écrans. Et ils sont nombreux à œuvrer !

Le mot de la fin ?

Je vous donne rendez-vous sur Arte tous les jours à 19h45 pour Arte Journal. Marie Labory ou moi-même auront le plaisir de vous y accueillir et je l’espère de vous accompagner au quotidien ! Tchüss et je vous dis à samedi 7 janvier pour cette première d’Arte Journal, j’aurais la chance d’être ce soir-là dans votre salon !

Danke schön Leïla !

par Damien D.

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